lundi 27 avril 2009

Dies irae



Huit heures, je rentre du boulot. J'allume machinalement la télé. Tout en épluchant mon courrier et en rangeant quelques vêtements abandonnés le matin sur le canapé faute de temps, je jette un regard distrait au journal télévisé. Ce soir-là, en sujet d'ouverture: le conflit à Continental. «Dans l'après-midi, les salariés de l'usine Continental de Clairoix ont saccagé les bureaux de la sous-préfecture de Compiègne et le poste d'entrée de l'usine. Ils venaient d'apprendre que le tribunal validait la fermeture de leur usine en 2010.» A l'écran, vitres brisées, ordinateurs et tables renversés. Colère et détresse.
Sur le plateau, le journaliste vedette présente son journal… comme on présente le 20 heures sur une grande chaîne nationale: Est-ce que ça ne va pas trop loin? Vous regrettez ces violences? Pour vous, la fin justifie les moyens?

Sur le site de Clairoix, Oise, un délégué syndical lui oppose l'opiniâtreté du désespoir:
Vous plaisantez, j'espère! Qu'est-ce que vous voulez qu'on regrette? La fin pour nous c'est dans 28 jours. Vous n'avez pas vu des casseurs, vous avez vu des gens en colère, des gens déterminés, on ira jusqu'au bout de notre bagarre. On veut pas crever.
Quand on a plus que la colère pour ne pas abdiquer sa dignité.
Photo YLD

2 commentaires:

@marisesargis a dit…

Rachat, vente, fermeture, démantèlement, régression, délocalisation... des hommes et des femmes hurlent et pleurent quand les machines se taisent. Et bientôt approche le 1er mai dans la rue peuplée d'hommes et de femmes debout attendant crânement... la déferlante de la grippe porcine annoncée. La solidarité reste l'arme et le soutien des faibles. M&S

NLR a dit…

Solidarité, oui. Important. Et j'aime beaucoup cet artiste de rue "Blu", qui illustre votre article. (J'ai un lien sur mon site.)