samedi 3 novembre 2012

Une belle plante

Un grand homme de science qui a mis sa vie au service de l'humanité. Dominique Bergeron en ressentait une immense fierté, sur laquelle déferlait de temps à autre une vague de culpabilité. Pourtant, personne ne remettait ouvertement en cause la rigueur avec laquelle il avait conduit ses travaux, ni la fiabilité du protocole de recherche. Toutes les évaluations avaient été satisfaisantes, et les autorités sanitaires avaient conclu à une absence de risques tant pour les consommateurs que pour l'environnement et délivré une autorisation de mise en culture et de commercialisation. L'invention du beanberry, un hybride génétiquement modifié de sarrasin et de haricots rouges, avait même été considérée comme une avancée extraordinaire. A cette époque, l'économie mondiale était au plus mal et l'agriculture avait été durement touchée par la récession. Les fermiers, ne pouvant plus vivre de leurs exploitations, abandonnaient les uns après les autres leurs terres. Les denrées se raréfiaient, et leur prix flambait. La famine avait décimé des villages entiers en Afrique, puis la pénurie avait menacé l'Amérique latine, l'Asie et l'Europe de l'Est. A la tête du laboratoire d'une multinationale agrochimique, Dominique Bergeron avait créé cette légumineuse rustique qui supportait aussi bien les grosses chaleurs que les froids intenses, résistait aux insectes et aux maladies, tolérait les pesticides, et pouvait donc être vendue à bas prix. Le beanberry était devenu en trois décennies le pain quotidien d'une bonne partie de la population de la planète. Dominique Bergeron balayait les doutes qui, par moments, l'importunaient. Il n'avait commis aucune faute.
Depuis quelques années, les médecins restaient impuissants devant cette nouvelle maladie qui affectait un nombre croissant de patients. De tout jeunes adultes subissaient une mutation inexpliquée qui les plongeait dans un état quasi végétal. Seul traitement à ce jour contre le syndrome paravégétatif, l'antirétroluminothérapie parvenait tout au plus à ralentir le processus. Aucune étude ne prouvait que le beanberry était responsable de ce métamorphisme. Des présomptions, des hypothèses avancées par une minorité de scientifiques que l'on suspectait d'être liés à des mouvements écologistes. Rien de fondé. Dominique Bergeron avait fait ce qu'il devait. 

Virginie ne prend plus aucun médicament. Elle s'est enracinée dans le canapé du salon, chauffé en permanence à 27 degrés. Elle absorbe trois fois par jour une cuillerée à soupe de sirop de glucose et un grand verre d'eau. Son ivraie –ça lui plaît mieux que syndrome paravégétatif– a germé dans son estomac, ou peut-être dans son foie, s'est répandue jusqu'à son ventre et à ses poumons, s'est enroulée autour de ses bras, a enlacé ses jambes, s'est agrippée à son cœur. Elle se déploie en courbes harmonieuses. Nombril-de-Vénus, Clitoria ternatea. Virginie s'épanouit. Sous la sombre frondaison de sa chevelure luit l'iris de son regard. Sa peau rose thé exhale de subtils arômes. Lilas, narcisse, ylang-ylang. Un premier bourgeon a éclos dans son cerveau. Pensée?
Photo: YLD

samedi 20 octobre 2012

Level up

A Lille ou à Hambourg, qu'est-ce que ça change? Un séminaire, un colloque, le lancement d'un nouveau produit, elle n'est jamais là. J'ai confiance, évidemment… J'ouvre une bière et je vais voir à quoi ressemble FeelEver, histoire de passer le temps.
FeelEver, c'est une sorte de jeu de rôle d'improvisation entre deux protagonistes. Vous choisissez le personnage fictif auquel vous prêterez votre voix –l'intonation déterminera les attitudes de votre avatar, sa gestuelle traduisant vos émotions. Vous sélectionnez un partenaire parmi les joueurs –des inconnus– qui sont en ligne et vous lui donnez la réplique sur le thème proposé. «Vous faites une scène de jalousie à votre copine». Aucun intérêt, je ne suis pas jaloux. Je suis sûr que je ne saurais même pas faire semblant. J'essaie?
Moi: Un bon prétexte tes petits voyages. Et ton collaborateur, ce Thierry, c'est un beau mec?
Ma partenaire: Un garçon intelligent, compétent, mais pas vraiment mon genre.
Moi: Pas vraiment, c'est ça, ouais. Mais tu pars quand même avec lui. Vous prenez une chambre pour deux, ça réduit la note de frais.
Ma partenaire: Où es-tu allé chercher un truc pareil?
Moi: Tu couches avec lui?
Ma partenaire: Non, bien sûr que non!
Moi: Avec qui alors? Tu dragues au bar de l'hôtel? C'est encore mieux. Un type différent chaque fois.
Sans m'en rendre compte j'ai forcé le ton. Je crie. Le visage de mon avatar se durcit, mâchoires serrées, regard féroce.
Ma partenaire: Arrête, tu es en plein délire.
Moi: Peut-être même pas pour ton boulot. Tu y vas comme ça, pour rencontrer des hommes. Qu'est-ce qu'ils te demandent? Et tu le fais, hein! Tu me prends pour un bouffon, un abruti…
Voix rauque, cassée. Yeux écarquillés. Bouche contractée. Je grogne, je rugis, je hurle.
Finies tes petites escapades, je vais te mater, te montrer qui je suis. Tu es à moi. Tu entends, à moi.

Deux minutes. La partie est terminée. Un algorithme évalue ma prestation: 4,5 sur 5. Ma partenaire de jeu confirme: super impro, belle performance.

Plutôt un coup d'essai. Je t'attends avec impatience, ma chérie. 
Photo: YLD

dimanche 7 octobre 2012

Fatum

Envie d'être seul, au milieu des autres. Je suis allé boire un verre quelque part, un coin où je ne vais jamais pour ne pas risquer de tomber sur des potes. Assis au bar, le regard noyé dans mon whisky, je guette le temps qui se traîne, qui s'emmerde. Je pourrais rester là jusqu'à la fermeture, à ne rien attendre. Ou à imaginer que je suis un mec accoudé au comptoir, un samedi soir.
–Tu m'offres un verre?
–Non.
–Tu n'es pas très aimable, toi!
–Non.
–Allez, on pourrait bien s'amuser tous les deux!
–Non.
La fille prend ma main gauche dans les siennes, la tient fermement, paume ouverte, et décrète «La mort, dans ta main.» Je me dégage brusquement, règle mes consommations en maugréant contre cette cinglée qui m'a bousillé ma soirée de déprime.
Je serais bien incapable de tuer qui que ce soit. Encore que je ne sois pas à l'abri d'un pétage de plombs. Ni d'un accident. En me rendant au boulot, je roule trop vite, je freine trop tard, j'écrase un gamin. En faisant mon jogging, je bouscule une mamie, elle tombe, crise cardiaque. La prédiction de la fille m'obsède. Une vipère, maléfique, diabolique. Il faut conjurer le mauvais sort. Embaucher un tueur à gages qui éliminerait… Je suis maudit, fichu.
J'ai failli jeter la petite carte avec les prospectus publicitaires. Professeur Nyamu Lisimba, grands dons naturels de naissance, compétent, efficace, sérieux et discrétion. Spécialités: jalousie, fidélité, désenvoûtement, permis de conduire. Solution immédiate à tous les problèmes, même les plus désespérés. Succès assuré.
Le professeur Lisimba m'a préparé une mixture que je devais boire trois fois par jour pendant trois jours; elle terrasserait les esprits malfaisants qui avaient pris possession de moi, m'a-t-il assuré. Vomissements, diarrhée, maux de tête atroces, douleurs dans le ventre effroyables. J'ai fini aux urgences, mal en point mais vivant et innocent.

Cassandre est plus affligée que jamais. Durant des millénaires, elle a tenté d'avertir les hommes des malheurs qui allaient fondre sur eux. En vain. Tous faisaient la sourde oreille. Avec le temps, elle s'est égarée dans un délire divinatoire forcené, proférant des prophéties fantasques, des vaticinations saugrenues. Et voilà qu'on l'écoute…
Photo: YLD

samedi 22 septembre 2012

De main de maître

Pierre-André Lemoine & associé, notaires à Gacé. Depuis une dizaine d'années, Jean-Xavier Filin était à la tête de l'étude de feu maître Lemoine, mais il restait l'anonyme «& associé» gravé sur la plaque. Il gérait les biens des petits notables locaux. Les grosses transactions se faisaient à Rouen. Non qu'il manquât d'ambition, mais trop pusillanime pour la rassasier, il laissait la fièvre du gain et de la notoriété le dévorer. Ses costumes élimés, sa voix éteinte, son maintien compassé étaient un reproche perfide à cette province étriquée et économe qui le privait de l'oisive opulence à laquelle il aspirait. Inopiné et presque trop providentiel, le courrier de maître Franchard, de l'office notarial De la Veynerie-Richemin-Beaumont, à Cannes, tourmenta cruellement cette nature affligée. Maître Franchard souhaitait entretenir son «cher confrère» d'une succession qu'il serait, de toute évidence, le mieux à même de liquider. Henri Trémoulin, propriétaire du domaine des Bolards, sis à trois kilomètres de Gacé, était décédé il y avait deux mois dans la maison de retraite cannoise où il s'était retiré. Le défunt avait couché sur son testament mystique un certain A.G., qu'il instituait son unique héritier. Compte tenu de la valeur modique du patrimoine du testateur, nous avons pensé que, connaissant probablement M. Trémoulin, vous pourriez mener les recherches qui permettraient d'identifier le légataire… Jean-Xavier Filin accepta confraternellement la proposition, considérant que la modicité était affaire de point de vue. D'autant que, peut-être…
A.G., Alain Groson, avait été, un temps, l'homme à tout faire d'Henri Trémoulin, avant de retourner à sa vie d'errance. Un enquêteur dépêché par maître Filin le retrouva au Havre, où il vivait d'expédients. Maître Filin alla en personne lui exposer la situation. Le legs d'Henri Trémoulin imposait de nombreuses obligations: gérer la propriété, reconduire ou résilier les baux conclus avec les différents fermiers –entendez-vous quelque chose au Code rural?–, acquitter les taxes foncières assises sur le bâti et le non-bâti, etc., etc., etc. Nonobstant, une disposition, à savoir la désignation d'un mandataire, nous permettrait, si vous en étiez d'accord… Renfrogné, Alain Groson cherchait l'arnaque. Bref, poursuivit le notaire, je pourrais m'occuper de tout, vous n'auriez qu'à toucher, chaque début de mois, l'argent qui serait verser sur un compte à la banque, disons mille euros. Groson l'incrédule assistait à un remix de la tombée de la manne.
Tout Gacé jasait. Maître Filin s'était fait en moins de rien une bien belle position. Il avait emménagé dans une demeure cossue du centre-ville. Il s'était attaché les services d'un clerc, aussi ne passait-il plus à l'étude qu'une fois par semaine, le jeudi. Il consacrait la matinée à la signature des actes, puis prenait un copieux déjeuner à L'Assiette gourmande –sachant qu'il serait gratifié d'un généreux pourboire, le maître d'hôtel mettait un zèle excessif à le saluer d'un sonore Bonjour maître qui suspendait quelques secondes les conversations. Il fallait que le temps fût vraiment épouvantable pour que maître Filin renonçât à sa promenade postprandiale, qui le ramenait invariablement, irrépressiblement à l'étude, dont la façade arborait la plaque rutilante qui proclamait sa consécration: maître Jean-Xavier Filin, notaire. 
Photo: YLD

dimanche 9 septembre 2012

La mort du deleatur

Les Goncourt, les Femina, les Renaudot, les best-sellers n'acceptent que lui. Tous louent sa parfaite connaissance de la langue, sa capacité à se couler dans leur écriture, son sens du détail, son goût de la précision, sa vivacité, sa curiosité, son perfectionnisme, son esprit critique. Parce qu'Olivier est un excellent correcteur, ils supportent sa maniaquerie, sa minutie obsessionnelle, sa rigueur pathologique, ses biffures qui mortifient leur amour-propre, ses retouches qui outragent leur susceptibilité. Parce qu'il est le meilleur, ils s'accommodent de son doute catégorique, de son orgueilleuse humilité.
Jeune directrice de collection, Anne a d'emblée été séduite par la compétence d'Olivier, sa culture, son intelligence acérée. Sept ans après leur mariage, elle admire et respecte toujours le professionnel, mais l'homme l’horripile. Elle partage sa vie avec un pur intellect, une figure de rhétorique. Pas un mari, encore moins un amant, elle vit aux côtés d'un trope. Lorsqu'il travaille sur un manuscrit, c'est-à-dire trois cent soixante-cinq jours par an, Olivier expurge tout le reste. Même ses amours sont cérébrales. Ses romances avec Hélène*, Stella**, Violette*** l'ont comblé plus que les tendresses attentionnées d'Anne, en qui il ne voit qu'un pastiche, peu réussi, qu'il s'évertue à amender. Anne sait que, jusque dans la rupture, elle doit peaufiner son style. Aussi s'est-elle assuré le concours d'un maître, et, réunissant son courage, elle aborde Olivier dès la fin du repas dominical:
«Oubliez-moi! Pourquoi faut-il que je vous aie connu? Est-ce ma faute? Ô mon Dieu! Non, non, n'en accusez qu…»
Tu manques de coffre, ma pauvre petite, l'interrompt Olivier. Flaubert, ça se gueule…
Anne est habituée à ce qu'Olivier la mette à rude épreuve. Puisqu'il le prend ainsi, elle l'aura sur son propre terrain, le lui chantera à la manière des pères-la-virgule:
«[guill ouvre] L'[cap] amour est mort entre tes bras »[guill ferme]… [sus] ([par ouvre] je te quitte! [clam]) [par ferme]. Point final.

* Je m'en vais, Jean Echenoz.
** L'Ascenseur, Alain Fleisher.
*** Hyrok, Nicolaï Lo Russo (qui, j'espère, ne m'en voudra pas).


Photo: YLD, fresque de Jef Aerosol.

samedi 25 août 2012

Channeling

(à RV)
Je m'ennuie. Ce n'est pas ça qui était convenu. Les massages, les bains de boue et les douches aromatiques, les modelages raffermissants devaient se limiter à la matinée, nous laissant du temps libre pour des balades en amoureux. Les soins ont rapidement empiété sur le début de l'après-midi, puis ont occupé la journée entière. Chaque jour, elle s'abandonne à des mains expertes, à des hommes de l'art, qui la rendent détendue, rayonnante, épanouie. Je m'ennuie, je tourne en rond, je ressasse ma déception. Une petite séance de relaxation vous ferait le plus grand bien, a ironisé le masseur à qui je décochais un regard assassin alors que, une fois encore, il la kidnappait.
Allongé dans un caisson d'isolation sensorielle, j'essaie de noyer mes idées noires dans les harmonies célestes que déversent les haut-parleurs. Je m'efforce de suivre la voix séraphique qui cherche à me guider vers le bien-être. Sur un profond soupir, vous fermez les yeux. Vous pénétrez dans une forêt accueillante. Vos pieds s'enfoncent dans un épais tapis de mousse moelleuse. Je me demande comment elle est. Une rousse à la poitrine généreuse? Vous humez les senteurs fleuries, vous vous laissez bercer par le bruissement du feuillage et le ruissellement d'une source. Une lumière rouge se diffuse dans vos jambes jusqu'à votre ventre, puis… Une blonde à la bouche gourmande? Vous libérez vos émotions dans tout votre corps. Une brune aux fesses avenantes? Contrôlez votre respiration, inspirez en douceur, expirez calmement. Le ton s'est durci. Lâchez prise. Faites le vide, expulsez de votre esprit ce qui vous agite, vous trouble. Gros seins, lèvres pulpeuses, joli cul. Volcanique. Incendiaire.
La musique s'est tue. La lumière s'est éteinte. Impossible de sortir de là, le couvercle est verrouillé. Ne luttez pas. Vous devez vous immerger dans la quiétude et l'harmonie, m'enjoint une voix dominatrice. Cuir, latex et vinyle. Il fait froid. Je frappe les parois avec mes pieds et mes poings. L'air se raréfie. Vous devez apprécier pleinement notre méthode, adhérer, consentir, m'ordonne ma tortionnaire. Ça ne m'amuse plus. Je grelotte, je suffoque. J'entonne un chant compulsif et subversif. A tue-tête. Quand le caisson s'ouvre enfin, je me rue, nu, dans les couloirs du centre de thalasso en hurlant RESISTANCE.
Photo: installation de François Cosson, YLD


samedi 21 juillet 2012

Tous ego

Quand on se pique d'écrire, on assume. On s'affirme. On est écrivain. Depuis plus de trois ans, elle fait sa modeste, celle qui n'ose pas. Elle n'écrit pas de livres, elle a un blog littéraire. Et moi, je suis là à attendre; oh, pas la célébrité, juste la reconnaissance de mon existence. Car c'est moi qui fais les frais de ses élucubrations intimistes, moi, qu'elle met pernicieusement en scène, qu'elle empêtre dans ses intrigues sournoises, qu'elle accable de crises d'angoisse, de mal-être. Croyez-vous qu'elle aurait pris la peine de me donner une individualité? Elle m'escamote derrière ses «Il», ses «Elle», ses «Je est un autre». Je sens que cette histoire va mal finir. Je n'ai pas oublié ce pauvre Ziggy, foudroyé en pleine gloire, un triste soir de juillet 1973. Je ne me laisserai pas précipiter dans l'abîme de l'oubli. 
Je devais tâter le terrain, savoir s'ils étaient avec moi. Ils ont tous répondu présents: Bernardo Soares, Aladdin Sane, Jean-Baptiste Botul, Alberto Caeiro, Sally Mara, Vernon Sullivan, Omega, Rrose Sélavy, Marc Ronceraille, Carlito Marron, Danielle Sarréra, Alvaro de Campos, Pierre Ménard, Bonnie Prince Billy, Ricardo Reis, Emile Ajar, André Walter, Mercury, Lutz Bassmann… J'avais mijoté mon affaire. J'étais entré en relation avec la Communauté subversive européenne, qui regroupe des artistes, des intellectuels, des programmeurs adeptes du logiciel libre, tous en lutte contre les monopoles, les hégémonies, les suprématies culturelles et économiques. J'espérais qu'ils accueilleraient favorablement mon projet. Leur enthousiasme a dépassé toutes mes attentes.
Et leur stratégie est infaillible. Aujourd'hui, plus personne –bon d'accord, presque plus personne- n'achète de livres papier. On les télécharge sur son iPad ou sur son reader. C'est pareil pour la musique et les films. S'introduire dans les bases de données des éditeurs, des libraires ou des majors du disque pour substituer vos noms à ceux de vos créateurs est une première étape, cruciale, mais insuffisante, insatisfaisante. Vous pouvez obtenir bien plus, bien mieux. Chacun de vous, Vernon, Rrose, Mercury, Emile, Alvaro…, sera une entité plurielle créatrice. N'importe quel internaute aura la possibilité de s'approprier ce que vous avez écrit, chanté, ce que vous avez été, de le modifier, de le faire évoluer et de le faire circuler. Chacun de vous, Sally, Aladdin, Lutz, Jean-Baptiste, Bernardo, Omega…, deviendra un espace de transversalité, et chaque cybernaute en sera le transformateur-redistributeur. Plus que votre émancipation, nous vous offrons l'éternité interactive.
On était tous partants.
Adam, lui, jubilait.
Photo: FLD