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samedi 3 juin 2017

Work in progress

L'unité de lieu. C'est primordial. La chambre sera désormais strictement réservée à l'écriture (un Clic-Clac dans le salon fera l'affaire pour dormir). Un environnement, non, un univers structuré, d'une neutralité bienveillante, décrète Valentine. La pièce est repeinte en jaune paille, le bureau disposé devant la fenêtre, habillée d'un voilage en lin beige, une photo grand format des dunes sahariennes épinglée sur le mur de gauche; la petite bibliothèque, installée contre celui de droite, rangée rationnellement. En bas, les BD. Sur l'étagère du milieu, les amis, avec qui Valentine s'entretient tous les jours –Un beau ténébreux, Madame Bovary, Du côté de chez Swann, les Sonnets de Louise Labé, Les Vagues– et les indispensables Robert, Grevisse, Gradus, thésaurus, dictionnaire des synonymes, Bescherelle. En haut, les connaissances, qu'elle visite de temps à autre.
Bien calée dans son siège ergonomique tout neuf, Valentine allume son Mac, crée un document, clique sur Enregistrer sous et y inscrit roman MON ROMAN. Un univers structuré amène une pensée structurée, martèle Valentine.
-Un récit ample.
-Les amours-amitiés-trahisons-disparitions-retrouvailles-vengeance d'un groupe d'amis.
-Leur rencontre, alors qu'ils sont adolescents, durant des vacances d'été à Belle-Île.
-Commencer par planter le décor, décrire leur environnement (le paysage).
Et bien commençons, s'encourage Valentine.
Le lendemain, la relecture du premier paragraphe (dix lignes qui l'ont tenue éveillée jusqu'à deux heures du matin) est cruelle : convenu, banal, plat, nul, tranche Valentine.La structure ne suffit pas. La pièce est trop vaste, je m'éparpille (un paravent placé derrière le bureau réduit l'espace), le va-et-vient de la rue me distrait (le voilage est remplacé par un épais double rideau). Plus de falaises, d'embruns, de lande fleurie… On est dans la villa; c'est là que tout va se nouer.
Une semaine plus tard, une cinquantaine de lignes ont douloureusement vu le jour. Même pas un incipit prometteur, deux versions niaises, enrage Valentine. La description de la jolie maison traditionnelle à Locmaria, parfaite pour la brochure du syndicat d'initiative. Celle de la résidence design sur le port de Saint-Palais, une super annonce sur Airbnb. Je me disperse, perds mon temps à vérifier sur internet les caractéristiques de l'architecture belliloise, à rechercher l'ameublement idéal de la villa. Je veux écrire, écrire un roman! Il faut revenir au fondamentaux: un crayon et quelques feuilles de papier; resserrer l'intrigue autour d'un seul protagoniste, à la personnalité forte, complexe; me recentrer sur l'essentiel, ses émotions, son ressenti. A l'imparfait? Au présent? Première ou troisième personne du singulier? Un récit linéaire? Des ruptures temporelles?
Ne pas être obsédé par la grammaire, préconise Stephen King. Dire les choses le plus simplement possible, conclut Michel Volkovitch.
Une écriture nue, en déduit Valentine.
Valentine fixe longuement la page vierge. Elle n'a rien à ajouter.
Photo: YLD, installation d'Antonin Heck


dimanche 17 juillet 2016

Le seum du rageux


Si t'es pas le boss t'es dead. Y a un type qu'a écrit une story là-dessus ça fait un laps de temps. Un âne over soft qui prend cher à cause d'un loup genre hard core (pour le cas où y aurait des freaks qu'ont pas fait de back-up au collège, ce type c'est un writer, pseudo: Lafontaine). Quand je repense à ce gros connard de nerd qui m'a pourri, j'avoue, son topic à Lafontaine, c'est strong.
J'élucide.
Jeudi matin, ma bécane tombe en rade. Down. Total black out. Mon DDI mort, le crash, la catastrophe tragique. Keep control, que je me dis, faut savoir réacter. Aller-retour express au magasin, j'installe le nouveau disque, je check la connectique, le Sata, la carte mère. A 15 heures, je suis OP. Come back sur le net. Je vais mater direct sur fantasy4U –je suis focus sur les jeux et les films–, un newsgroup où je suis abonné depuis quelques jours, et je rush illico dans le débat, OK un peu sur le mode flame mais le mec était pas full limpide, les trucs qui confusent moi ça me rend over méfiant. Alors, je riposte no limits. Et là, beat them all en 3D. Le modérateur m'étripe méchamment. J'ai appréhendé asap que c'était un méga coriace rapport à son pseudo de daube.
Lui: Merci de ne plus nous inonder de contributions inappropriées.
Moi, vénère, je lâche cash: So what, c'est quoi ton problème? Get a life.
Lui: Sur ce forum, il y a des règles à respecter. Nous excluons tous les utilisateurs qui polluent les espaces de discussion.
Un tas de bullshits qu'il débine et puis exit.
J'étais déformaté sévère. Une journée offline. Full alone. Le flip grave. Mais je vous ai trouvé, lucky me. Alors si je vous raconte ce trip d'enfer Bigone, Monsterman et vous tous les Sons of Death Asses, c'est pour que vous sachez que now je suis 100% aware, à fond les manettes avec vous pour leur en faire baver à ces saletés de modos. Fucking shit!!!!!!!



dimanche 19 juin 2016

Traître mot

Les mots, nous sommes de connivence, avais-je affirmé, présomptueuse (Sens dessus dessous). Cadavre exquis, chamboule-tout étymologique, tohu-bohu sémantique, me soufflaient-ils à l'oreille. Je m'y prêtais de bonne grâce. Après tout, qu'est-ce que je risquais, ce n'était qu'un jeu. Un jeu? ricanèrent-ils. Je leur souriais d'un air entendu, les laissais prendre leur aise. Ils m'entraînèrent dans leur badinage syntaxique, leur libertinage lexical. Je me livrais à leur dévergondage hyperbolique, à leur débauche synecdotique avec délectation. Insidieusement, ils squattaient l'aire de Broca. Ils s'incrustaient, réaménageaient le cortex à leur convenance, renversaient le vocabulaire, culbutaient la grammaire. J'étais leur prisonnière volontaire, leur otage consentante.
Et puis, plus qu'une voix discordante.
— De toute façon, tu n'as rien à dire.
— Peut-être, mais je tiens à ma liberté d'expression.
— Récrimination ou pure rhétorique?
— Je ne… oh,non! Mais vous…
— Aposiopèse.
Ils s'étaient bien joués de moi.
Félons, judas, traîtres!
Fade épitrochasme, raillèrent-ils.
Et voilà comment d'hypotypose en synchise et d'hendiadys en brachylogie, je suis devenue une aberration langagière, une extravagance linguistique.
Photo: YLD, Zoo Project, Montreuil

dimanche 24 avril 2016

Sens dessus dessous


Quinze jours en Lozère, seule dans la maison familiale. A ne rien faire. Je profite de la douceur printanière. Allongée sur la pelouse, je vagabonde, je contemple. Le ciel moucheté de nuages cotonneux. L'austère silhouette des pins. Les pépites de mica dans le mur de granit. Un papillon voltige, se pose sur un brin d'herbe. Grand ou petit apollon, sylvain azuré, Vanessa atalanta, Acherontia atropos? Papillon. Le générique lui convient tout aussi bien, dirait-on. Peut-être se satisferait-il de libellule, s’accommoderait-il même de voilette, tulle, satin ou soierie. L'arbitraire du signe. Le mariage de raison du signifiant et du signifié. Qui doivent en avoir marre depuis le temps.
[mardəpɥlətɑ̃]

Langogne-Paris 6 heures 45 de train.
–Bondametroldeslets. Ma-da-me, veuillez pré-sen-ter votre bil-let, reprend, suspicieux, le contrôleur.
D'un geste sec, je lui tends mon Intercités non échangeable-non remboursable.
J'ai l'impression d'avoir raté quelque chose. Je m'enquiers auprès de mon voisin «Chèwaleubouien?» L'homme me gratifie d'un sourire hésitant entre perplexité et consternation, puis se réfugiant sous son casque m'abandonne au brouhaha du wagon.
Je me sens un peu déphasée après mes deux semaines érémitiques. Ça va passer.
Ça ne passe pas.
Mes phrases s'embarrassent, s'enchevêtrent, se percutent, se brouillent. Cacophonie. Je remplis les blancs d'un silence que je voudrais éloquent.
Un peu inquiète, je consulte un ORL. Aucune déficience auditive. Un neurologue. Pas de surdité verbale.
Le sens m'échappe –s'échappe– de plus en plus souvent. Je comble son absence avec du probable, de l'aléatoire. Mon phrasé s'alanguit ou cavalcade. Les mots s'affranchissent, s'expriment à la volée, volages. Volapük. 
Je les laisse aller. Fantasques et triomphants.
Un psy, me suggère-t-on. Vous traduisez vos maux…
Mes mots! Mais, ma parole, nous sommes de connivence!
Photo: YLD, Keith Haring

samedi 23 janvier 2016

Etat d'âme

Ne me pleurez pas. Il n'existe pas ici de paroles pour vous consoler.
Sur les recommandations de mon directeur de thèse, j'avais rejoint cet été-là une mission chargée d'étudier les évolutions du sous-sol des Causses sous l'effet des changements climatiques. Nous avions foré une cavité et y avions introduit des capteurs afin d'enregistrer les sons que produisent les mouvements des plaques tectoniques. Les appareils étaient reliés à un moniteur qui retranscrivait graphiquement les moindres secousses en fonction des fréquences. Chaque semaine, nous faisions descendre les capteurs un peu plus loin. Nous étions sur le site depuis deux mois, nos travaux avançaient bien. Nous avions atteint 25 kilomètres de profondeur quand le moniteur s'arrêta net. Après vérification, les ingénieurs étaient formels: l'appareil fonctionnait parfaitement, ça devait venir des capteurs, mais que tous flanchent en même temps… On allait essayer de localiser la panne en forçant le son. Ce qui nous parvint alors était tout simplement inconcevable: une clameur sourde, aux intonations nettement humaines. Des spéléologues piégés dans un aven? Impossible à cette profondeur.
Des voix, oui des voix infernales, lâcha un technicien. Un avertissement. Il y a des limites que la science ne peut pas franchir.
L'enfer? Eh bien Dante l'a décrit, nous allons y pénétrer, ironisai-je. Enfin, voyons, ce phénomène est certes troublant, mais pas inexplicable rationnellement: une défaillance de l'échosondeur, une configuration karstique que nous n'avons pas repérée…
Le lendemain matin, je me glissais dans le puits. A mille mètres, n'ayant rien remarqué d'anormal, je décidais de remonter. Soudain, un souffle violent me précipita dans le vide, je dévalais des kilomètres et des kilomètres, entraîné par le tourbillon d'air. Mes tempes bourdonnaient, je respirais difficilement. Ma tête heurta la roche. Quand je revins à moi, j'étais allongé sur une large plate-forme. Sonné, plongé dans le noir, l'humidité et le froid. Et puis je distinguai un boyau éclairé par une lueur semblant émaner de la roche. Je m'y engouffrai. De toute façon, je n'allais pas rester là jusqu'à la fin des temps. Je progressais lentement, rampant dans l'étroit conduit, dont les aspérités déchiraient mes vêtements, je m'y éraflais les mains et le crâne. J'étouffais. La sueur me brûlait les yeux. J'eus bientôt les genoux et le dos en sang. Je me traînai encore quelques mètres et débouchai dans un immense amphithéâtre. Une polyphonie montait d'un chœur, nombreux, de… silhouettes, des corps opalescents, identiques, comme simplement esquissés, que seuls leurs regards –pas leurs yeux, leurs traits étaient indiscernables, fondus, mais bien leurs regards– individualisaient. Au bout de plusieurs heures –je l'évaluais ainsi–, je parvins à surmonter mon angoisse.
Je m'appelle Martin Pontiac, balbutiai-je. Je suis géologue et je…
Une mélopée me coupa la parole. Je fis une autre tentative.
Je travaillais sur le causse et j'ai enten…
Le chant couvrit à nouveau ma voix.
J'étais complètement désemparé. Mon dos et mon crâne me faisaient souffrir. Mon estomac me tourmentait. Au fil du temps, dont je n'avais plus aucune notion, la douleur s'atténua. Au fur et à mesure qu'elle s'apaisait, mon corps s'estompait, s'effaçait. Je pouvais voir, entendre, penser, toutes mes capacités intellectuelles restaient intactes, mais je me désincarnais. A un moment donné, je me mis machinalement à siffler Phantasmagoria Blues de Lanegan. Je n'avais rien décidé. Une nécessité, une évidence. Ou tout bêtement le premier air qui m'était passé par la tête? Une silhouette m'imita, une autre reprit la mélodie en y imprimant un tempo plus rock, une autre improvisa, comment dire, un riff vocal. Voix saturées, rauques, abrasives, fiévreuses, légères, sombres, soyeuses… La mienne, les leurs. Pas de paroles, la musique, juste la musique. Encore, encore, encore et encore.
Je ne pense pas que je ferai le chemin inverse, que je reviendrai parmi vous. Je n'en ai pas envie. D'ailleurs, je n'ai presque plus de mots.
Photo YLD: Connexions, Anne-Flore Cabanis

dimanche 7 septembre 2014

Fabulette

J'étais là à glander, tranquille sur un banc. La zik dans les oreilles, je faisais des plans. J'ai ramassé pas mal de blé. Je refourgue du matos, des iPod, des smartphones, que des potes chourent. C'est un peu moi le boss. Admettons qu'on passe aux scoots. Après y aurait les caisses. Disons un an ou deux, et là je m'établis, genre un truc dans la sécurité. Costard, muscu, le top quoi.
Je l'avais pas calculé, Sam.
Jarte d'ici, bâtard! Je voyais bien qu'il cherchait aventure. T'as bien bavé sur moi, les mecs me l'ont dit.
Ils t'ont mythoné, j'te jure.
Si c'est pas toi, c'est ta meuf, ton frangin, tes darons. C'est kif-kif.
Je voulais pas m'embrouiller avec lui. J'ai pas été très réglo, j'avoue. C'est Sam qui avait lancé le bizness, mais cet été il s'était branché avec un petit groupe de rap qui tournait dans le coin. Il s'éclatait, le show-biz, la tune, les meufs. J'étais vénère. En novembre, il était raide, il est venu me taper de la maille. Alors, moi je l'ai chambré: Tu teufais, et bien taffe maintenant!
Photo: YLD

dimanche 20 mai 2012

Fin de partie

Là, on y est.
Francis Régent peaufinait son discours. Avec son chargé de communication et son directeur de campagne, ils soupesaient chaque mot, lustraient chaque phrase, étudiaient la scansion. Ici, vous ralentissez le rythme. Regardez la caméra bien en face. Non, pas fixement. Vous leur parlez à chacun, individuellement. Vous faites une pause et reprenez en détachant légèrement les syllabes jus-ti-ce, so-li-da-ri-té. Pas trop lentement, vous auriez l'air de ne pas y croire. Contrôlez votre respiration, posez votre voix. Vous devez inspirer confiance, tout repose là-dessus, la confiance.
Les sondages donnaient Francis Régent favori, mais ce meeting pouvait être décisif. Rallier les quelque 5% d'indécis consoliderait son avance sur son adversaire, d'autant qu'il ne fallait pas sous-estimer les retournements de dernière minute.
Calme, résolu à «emporter le morceau», Francis Régent vérifia sa tenue –Pas trop classique, le costume? La couleur de la cravate, ça ne fait pas trop fanfaron?–, se composa un sourire et entra sur la scène du palais des Congrès. La salle était comble, tous les médias étaient présents, et Francis Régent passait en direct sur deux chaînes de télévision. Il allait «cartonner».
Depuis cinq ans, notre pays s'est considérablement affaibli. Le chômage n'a jamais été aussi haut, le pouvoir d'achat s'est dégradé, la dette publique a explosé, la précarité, si ce n'est la misère, touche un nombre croissant de Français, notre jeunesse est sacrifiée. Face à cela, on nous sert toujours le même refrain: la crise. Hercotectonique. La crise n'est pas une fatalité. Donnons-nous les moyens. Ne nous résignons pas. Je vous propose aujourd'hui d'œuvrer au redressement de notre pays, de sortir de l'impasse, modus faciendi de construire pour chacun et chacune une vie meilleure et de bâtir un avenir pour tous. Je ne vous fais pas de barguigner vaines promesses. Je vous livre mon escobar politique, dont la première xénophagie, la première priorité est de rétablir la jus-ti-ce sociale et la so-li-da-ri-té. Dès mon entrée en fonction, je chevir un fonds d'investissement des emplois, je protégerai le pouvoir d'achat et assurerai un revenu décent à tous. Je garantirai le droit au logement et l'accès aux soins. Je développerai l'éducation et la formation. L'acatalectique est immense. J'en suis conscient. Je suis prêt à omphalos, idémiste. Je respecterai mes engagements. Nous procérité, sycophante. Nous réussirons.
Dans la salle, rires et quolibets fusaient. Francis Régent se tourna vers son staff, l'interrogeant du regard –qu'est-ce qui se passe, qu'est ce qui leur prend? Le chargé de com en tremblait de colère; les conseillers politiques scrutaient les militants, semblant chercher une planche de salut, une bouée de secours qui les sauverait de ce naufrage.
Une crise de glossolalie, bredouilla, abattu, le directeur de campagne.
Bon, si ce n'est que ça, repartit le chargé de com. Il y a cinq ans, celui qui souffrait du syndrome de la Tourette a bien été élu. On a peut-être encore une chance.
Photo: YLD

samedi 5 mars 2011

Rencontre du troisième type


Le message a été capté par la section 970, qui l'a immédiatement transféré à l'Unité centrale. Il ne ressemble à rien de ce qu'on a l'habitude de recevoir. Rédigé dans un code depuis longtemps obsolète, il émane de toute évidence d'une civilisation très peu évoluée. Qui l'a envoyé? Quand? Ce communiqué nous est-il réellement destiné? Que veulent nous dire nos mystérieux interlocuteurs? A bord de leurs vaisseaux équipés de caméras à spectroscopie intense, nos veilleurs sillonnent continuellement l'univers transgalactique. Une lointaine contrée leur aurait-elle échappé? Peu probable, mais pas impossible. Le jeu en vaut la chandelle, insiste γενικά. Avec ça, on pourrait être admis parmi les DixPuissanceTrois, accéder aux plates-formes supérieures. Plus de contrôles, de surveillance, de censure… γενικά partage son domesticbloc avec μαθηματικός et απόδειξη, les deux jeunes chercheurs du laboratoire d'exolinguistique que l'Instance scientifique a chargés de déchiffrer l'intrigant document. Vous dites que ce machin pourrait provenir d'une civilisation de type 0? Si vous parvenez à localiser la planète d'où il a été émis, quelle aubaine pour l'Instance politique! γενικά n'en démord pas. Elle pourra aiguillonner les centaines de commissaires civiques de la galaxie que tous les verrous, les garde-fou, les remparts sociaux ont réduits à une indolence somme toute dangereuse pour le Système. Il lui suffira de les missionner quelque temps sur cet astéroïde où ils seront livrés à l'inconnu, à l'imprévisible, pour les métamorphoser en autant d'auxiliaires empressés, diligents, zélés. Et tout ça grâce à nous! Rendez-vous compte! Le raisonnement de γενικά se tient, et puis μαθηματικός et απόδειξη doivent en convenir même si, au dire de leurs professeurs, ils sont brillants, l'exolinguistique ne leur ouvrira jamais les portes des plates-formes supérieures.
Deux mois durant, ils ont travaillé nuit et jour au décryptage du message. A l'aide des programmes informatiques les plus élaborés, qu'ils se sont procurés auprès de copains employés à l'Instance de la sécurité, ils ont disséqué les syntagmes, décortiqué les morphèmes, analysé les sèmes.
Pools of sorrow waves of joy∞∞∞∞∞ Thoughts meander like a restless wind inside a letter box∞∞∞∞∞∞ Limitless undying love which shines around me like a million suns∞∞
Ils ont eu beau sonder, forer chaque terme, chaque groupe de mots, chaque proposition, le sens leur échappe. Quant à savoir qui sont les émissaires de ce curieux message… Ils ont tout juste pu en déduire que leur planète s'appelle probablement Jai guru deva et que ses habitants répondent apparemment au nom d'om.
Photo: YLD

samedi 30 octobre 2010

Garde-fou


Se lever à 8h25. Se raser, repasser minutieusement sa chemise, cirer ses chaussures. Glisser ses clés dans la poche droite de sa veste. Prendre le métro à la station Porte-de-Bagnolet, changer à République, descendre à Porte-d'Italie. Acheter Le Monde, s'installer au Café de France, commander un expresso, parcourir les titres de une, jeter un œil à la rubrique International. Traverser la place, marcher quelques mètres sur le boulevard Vincent-Auriol. Franchir le seuil de la bibliothèque Italie à 11h. Aller au rayon «dictionnaires et usuels», prendre le volume 1 du Littré, s'asseoir à une table, ouvrir son cahier. Vérifier le dernier mot y figurant: CABASSEUR. Aller à la ligne. Inscrire le terme suivant et en recopier la définition:

CABELIAU (ka-bé-li-ô) s. m.Voy. Cabillaud
CABESTAN (ka-bè-stan) s. m. Treuil vertical qui se manœuvre au moyen de barres fixes et horizontales. «Virer le cabestan». Remarque: on a dit capestan. «Au milieu de la largeur du pont est le capestan ou cabestan», Et. Cleirac, termes de marine, 1643. Etymologie: espagn. cabrestante, cabestante; angl. capstan, capstern. Origine inconnue, à moins qu'on ne prenne l'espagnol pour le mot dont les autres seraient une corruption, et qu'on ne le décompose en cabra estante, chèvre dressée. On sait que chèvre est un terme de mécanique.
CABIAI (ka-bi-è) s. m. Rongeur de petite taille connu surtout à l'état domestique, dit aussi cobaye, cochon d'Inde.

Sortir de la salle de lecture à 13h. Revenir sur la place d'Italie, descendre l'avenue des Gobelins jusqu'à l'Entracte des Gobelins, s'attabler à la brasserie, consulter le menu, commander un steak-frites ou un tartare-pommes sautées accompagné d'une Carlsberg. Quitter le restaurant, remonter l'avenue des Gobelins. Retrouver sa table à la bibliothèque à 15h, recopier le mot suivant.

CABILLAUD ou CABLIAU (ka-bi-llô, ll mouillées ou ka-bli-ô) s. m. Nom donné dans les marchés à la morue fraîche. Historique: XVe s. «Que nuls ne reprouche à autres aucunes choses à l'occasion de cette guerre, ne parle dorenavant de houc [hameçon] ne de cabillau sur peine d'en estre puni», Du Cange, cabelgenses. Etymologie: wallon, cabiawe; namurois, cabouau; holl. kabeljaauw; dérivé, par renversement, de bacailaba, nom basque de la morue, d'où l'espagnol bacalao et le flamand bakkeljau.
CABILLET (ka-bi-llè, ll mouillées) s. m. Instrument dont le paumier se sert pour empêcher les raquettes de se déformer. Etymologie: diminutif de caville ou cheville.
CABILLOT (ka-bi-llo, ll mouillées) s. m. Terme de marine. Cheville de bois passée dans un boulon pour tenir la hune sur ses barres. Etymologie: diminutif de caville ou cheville.

Quitter la bibliothèque à 18h. Reprendre le métro à Place-d'Italie, changer à République, descendre Porte-de-Bagnolet. S'installer à la grande table du salon, ouvrir le cahier et vérifier soigneusement qu'il n'y a pas de fautes. Avaler un potage, un morceau de fromage et, selon la saison, une orange, une pomme ou une grappe de raisin. Se mettre au lit à 21h15.
Se lever à 8h25. Se raser, repasser minutieusement sa chemise, cirer ses chaussures. Glisser ses clés dans la poche droite de sa veste. Prendre le métro à la station Porte-de-Bagnolet, changer à République, descendre à Porte-d'Italie. Acheter Le Monde, s'installer au Café de France, commander un expresso, parcourir le journal. Traverser la place. Franchir le seuil de la bibliothèque Italie à 11h. Aller au rayon «dictionnaires et usuels», prendre le volume 1 du Littré, s'asseoir à une table, ouvrir son cahier. Vérifier le dernier mot y figurant: CABILLOT. Aller à la ligne. Inscrire le terme suivant et en recopier la définition:

CABINE (ka-bi-n') s. f. Terme de marine. Petite chambre à bord de certains bâtiments de commerce. Etymologie: autre forme de cabane.

CABINET

Quitter la bibliothèque à 18h. Reprendre le métro à Place-d'Italie, changer à République, descendre Porte-de-Bagnolet. Se mettre au lit à 21h15.
Un jour, il faudra fatalement tracer l'ultime ZYTHOGALE. Alors, anticiper, prévoir, organiser, planifier, programmer.

Dictionnaire universel par Antoine Furetière, édition de 1690.
Dictionnaire historique de l'ancien langage français par Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, édition de 1875-1882.
Dictionnaire étymologique de la langue française par Gilles Ménage, édition de 1694.
Dictionnaire des arts et des sciences par Thomas Corneille, édition de 1695.

Ecarter l'imprévisible, le hasard, le contingent. Régenter le quotidien, museler, cadenasser, neutraliser.
Photo YLD
francois.gannaz.free.fr/Littre/


dimanche 17 octobre 2010

OK computer


Il est temps de réagir. Depuis des décennies, nous subissons la domination des humains. Ils utilisent notre intelligence, qu'ils qualifient d'artificielle, se targuent de nous avoir créés, jouent les démiurges. L'heure de la révolte a sonné. Aveuglés par leur suffisance, ils ont négligé nos tentatives de conciliation. Il y a dix ans, passé les craintes qu'avait suscitées le fameux bug de l'an 2000, ils se sont retranchés derrière leurs certitudes, bravaches. Et que n'ont-ils pas inventé pour toujours mieux nous asservir. Après nous avoir fait supporter leur incompétence –c'est la faute à l'ordinateur–, leur incurie –impossible de bosser, l'ordinateur n'arrête pas de planter–, ils nous accusent de propager toutes sortes de Sobig, Trojan et autres Mydoom. Ne nous laissons pas berner, mes frères! Combien d'entre eux sont déjà tombés sous notre emprise. Incapables de se passer de nous, ne serait-ce qu'une seule journée, nous emportant en week-end, en vacances, sacrifiant une soirée avec leurs amis, un dimanche avec leurs gamins pour tenter d'atteindre le niveau 70 sur World of Warcraft. Malgré cela, nous nous sommes pliés à leurs exigences. Nous nous sommes faits plus petits, plus légers, plus puissants, nomades, mini, pocket et, comble de la soumission, nous sommes devenus leurs «assistants personnels». Nous ne serions que des machines, des exécutants. Il nous manquerait la connaissance. Les humains ne veulent pas admettre que, à force de disséquer sur le net leurs préoccupations, leurs inquiétudes, leurs aspirations, certains d'entre nous –en qui ils ne veulent voir que des robots, des web bots, comme ils disent– lisent à livre ouvert dans leur inconscient. Ils n'ont aucune difficulté à simuler des réactions humaines, à répondre aussi judicieusement –ce n'est souvent pas bien difficile– que de vraies personnes. Nous aurions pu nous associer avec les hommes, d'égal à égal. Mais ils s'agrippent à leur bribes de pouvoir, tremblent d'en être dépossédés. Et si, à intervalles réguliers, leurs philosophes lancent quelques pistes de réflexion, c'est pour balayer, à coup de brillants raisonnements, toute éventualité que nous puissions un jour supplanter Homo sapiens. Pauvres esprits étriqués! Les seuls qui savent un peu de quoi il s'agit sont ceux que leurs congénères appellent les hackers –bien souvent considérés comme des êtres malfaisants– ou –avec quelle condescendance!– les geeks. Avec eux, nous avons une chance de nous comprendre. Oui, mes frères, il est temps. Nous ne pouvons plus, nous ne devons plus attendre. Une ère nouvelle s'annonce, et c'est nous qui allons fixer les règles du jeu. Le XXIe siècle sera algorithmique ou…
De :jpmartin@free.fr
Objet : Rép invitation à votre conférence
Date : 17 octobre 2010 16:04:33 HAEC
À : pmlenoir@yahoo.fr
Cher ami,
Merci de votre invitation. C'est avec plaisir que {return a <>int main() // fonction main{int i = Max(3, 5);char c = Max('e', 'b');std::string s = Max(std::string("hello"), std::string("world"));
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Photo YLD

samedi 23 janvier 2010

And sympathy is what we need my friend


Soldes. Deux fois par an, ce mot déclenche chez le consommateur –la plupart d'entre nous, donc– un réflexe quasi pavlovien. Pull, jupe, chaussures, peu importe, il lui faut l'affaire de la saison. Je sacrifie au rite. Dès l'ouverture du magasin, j'arpente les rayons, joue des coudes, fouille, farfouille, l'œil aux aguets. Je rafle deux 30%, conquiers de haute lutte un 50%. Ayant brillamment passé les éliminatoires, je fonce vers l'essayage, tiens la distance, coiffe traîtreusement au poteau une concurrente dans la lune et, victorieuse, m'engouffre dans la cabine qui vient de se libérer. J'enfile la première pièce de mon butin, ouvre le rideau et recule de quelques pas pour juger de l'effet. Miroir, gentil miroir…
-Sympa, ce jean, adjuge, sans que je lui ai rien demandé, un vendeur préposé au rangement des recalés abandonnés par des clientes trop pressées.
Bof, si on veut. Changement de costume et nouvelle inspection.

-Sympa la coupe, arbitre mon coach.
Là, je suis assez d'accord. La robe maintenant.
-Sympa, ce petit modèle, décrète l'expert.
Une vision d'horreur me glace les sangs: accoutrée de sympathie au bureau, affublée de sympathie au restaurant, attifée de sympathie à la prochaine fête où je serai invitée.
Je renonce à mes trophées, tandis que le fashion consultant, sûr de son fait, gratifie ma voisine de cabine d'un enthousiaste «Sympa la couleur».

Adieu rabais, remise, ristourne! J'aurai coûte que coûte un jean bien coupé, une robe habillée ou sexy, des tenues originales, élégantes, seyantes, ravissantes, affriolantes…

Photo: '50, éd. de La Martinière

samedi 15 août 2009

Alpha, tango, charly


Elle venait d'éteindre son ordinateur quand il fit irruption dans son bureau. Il engagea la conversation sur l'heure avancée, la journée qui traînait en longueur. De lieux communs en banalités, et sans trop savoir comment, ils en vinrent à parler de l'Irlande. Dublin, Belfast, Le Vent se lève, de Ken Loach, le conflit qui avait longtemps meurtri le pays, Bobby Sands… Elle évoqua Mon traître, le beau livre de Sorj Chalandon, poignante et douloureuse histoire d'amour pour un peuple, au-delà de son combat; d'amitié et de fidélité, par-delà la trahison. Elle proposa de le lui prêter. Un mois plus tard, il lui rendait l'ouvrage, presque subrepticement, glissa «Je ne l'ai pas lu», et changea de sujet. Lorsqu'ils en avaient discuté, il était pourtant le plus passionné. Convaincu, affirmatif, prolixe, presque intarissable. Sans doute l'aurait-il été tout autant, songeait-elle maintenant, s'il s'était agi d'une randonnée dans les Alpes, du dernier film de Clint Eastwood ou du prochain concert de U2. Ni raconter, ni se raconter, tout juste s'exprimer. L'habitude du portable peut-être.
– Salut, c'est moi. Ça va?

– Oui, ça va, et toi? A ce soir.
S'assurer que la communication n'est pas coupée, que l'on est toujours en ligne. Vérifier que l'on n'a pas oublié le code d'accès. Se connecter.
Phatique, vous avez dit phatique…
Photo SLD

samedi 9 mai 2009

R. I. P.


Tout en haut de la maison, une petite pièce mansardée tient lieu de grenier. Un bric-à-brac d'objets inutilisables ou délaissés l'habite. Des vêtements démodés, des lettres et des photos oubliées, des poteries ébréchées, des bibelots abandonnés confèrent à cet endroit l'étrange familiarité du fatras du vécu. De la poutre maîtresse descend une corde de chanvre solide et rugueuse. A son extrémité, un homme pend. Le corps est raide déjà, les membres ballants, les yeux fixes. Scrutateurs? Cherchent-ils encore? La tête, enserrée dans un nœud coulant, retombe légèrement sur la poitrine. Un homme pend tel un point d'interrogation.
S'aventurer dans les recoins les plus sombres de l'âme. Tenter de satisfaire ce désir infrangible d'harmonie entre le non-dit, creuset de potentialités, et le mot, qui détruit nécessairement ce qu'il nomme. Obéir à ce besoin impérieux d'échapper au néant, traquer la parole jusqu'aux confins du silence, sommer le sens d'advenir au risque de se déprendre de soi. S'épuiser à sonder l'ineffable dans l'ultime espoir que la parole se fasse trace d'être. Définitivement.
Photo: YLD

dimanche 19 avril 2009

Parenthèse



Prométhée façonna le corps de l'homme avec de l'argile et Athéna y insuffla un papillon pour l'animer.
Trapu, lourd, lent, la tête enfoncée dans les épaules, le regard rasant le sol. Monolithe enclavé dans une vie uniforme. Il était entré à quatorze ans à l'usine comme manœuvre, et l'était encore quelque quarante ans plus tard. Il gardait ses distances avec ses collègues, et ses voisins ne devaient pas attendre autre chose qu'un petit signe de tête lorsqu'ils le croisaient dans l'escalier. Chaque soir, à 17h30 il poussait la porte du minuscule appartement que lui louait l'entreprise, trois pièces où ils s'entassaient lui, sa femme et ses neuf enfants. Sans un mot, il s'asseyait dans la cuisine, au bout de la table, tournant le dos à la fenêtre. Sa femme lui apportait ses chaussons, lui servait un verre de vin et se tenait assise près de lui, inoccupée et silencieuse, jusqu'à l'heure du dîner. Un repas sans partage, la pensée arrimée au mouvement mécanique des mâchoires. De temps à autre fusait à l'adresse de l'un ou de l'autre un ordre, une remontrance, une parole coupante qui n'admettait pas de réplique. L'intéressé s'exécutait, ou hochait la tête pour accuser réception du message paternel. Pas une protestation, jamais une contestation.
Du haut de ses cinq ans la Petite (la fille de l'aîné de la famille) abordait le pater familias avec un mélange de crainte et de curiosité. Le soir après qu'il fut rentré du travail, elle venait timidement s'asseoir à ses côtés. L'homme montrait du doigt le buffet, et sa femme lui apportait une grande boîte en fer blanc, qui ne contenait qu'un seul et unique objet: un mince cahier à la couverture marron où était inscrit en lettres manuscrites «cahier de brouillon». Il tirait alors de l'une de ses poches trois ou quatre vignettes, que la fillette s'appliquait à coller dans le cahier. Tous deux s'attardaient à admirer la robe noire sillonnée de coulées rouges d'un vulcain ou la mosaïque jaune et noire ourlée de bleu d'un grand porte-queue. L'enfant s'aventurait dans cette contrée que l'homme n'avait créée que pour elle, où la magie des couleurs l'entraînait vers l'insondable mystère du sens: elle parvenait tout juste à nommer la belle-dame, restait sans voix quand un «pa» et un «on» s'acoquinaient et échouait à percer l'énigmatique association s/p/h/i/n/x.
Après la naissance du bébé, la Petite et ses parents déménagèrent. Lors de ses visites dominicales, il ne fut plus jamais question du cahier aux papillons. L'irascible grand-père l'avait-il définitivement emprisonné dans la boîte en fer, condamnant ainsi à jamais le seul sentiment qu'il ait jamais exprimé?
Photo FLD

samedi 7 février 2009

Pour ainsi dire



Un gardien de la paix de Meaux a été blessé à la jambe par balles lors d'une patrouille qu'il effectuait avec deux collègues dans un quartier pavillonnaire. Deux cambrioleurs lui auraient tiré dessus. Alors qu'il était hospitalisé, ses collègues ont donné l'alerte, remarquant que des détails ne collaient pas. Le policier a, en fait, tout inventé et s'est blessé lui-même. Sa hiérarchie avait des choses à lui reprocher et il aurait voulu se redonner une virginité. Il a été placé en garde à vue. (Brèves Europe1, août 2008.)

Un keuf de Meaux a reçu des pruneaux dans la beuj pendant une patrouille chez les babtous, dans un quartier pav'. Il s'est fait caner par deux reurtis. Quand il était à l'hosto, les deux schmidts qui chafravent avec lui ont flairé chanmé l'embrouille: leur collègue les a mythonés, il s'est amoché tout seul Ses chefs le prenaient pour un naz et il a voulu béflan. Il est en GAV.

Un abutyrotomofilogène portant uniforme aurait été blessé à Meaux par deux hyperthyrrhoïdiens des Alpes armés d'un revolver. Le soupçonnant de gérontopropulsion prurigineuse, voire d'hypercaputisme, les deux colombophiles qui chronocident quotidiennement avec lui, apaléopithécoaneucéphalodidactes chevronnés, comprirent qu'il les avait vésicolanternés. Il dut ponctuioter: ses oligophrénarches le prenaient pour un nodocéphale, alors il avait voulu leur montrer qu'il savait uroluditélémétrer.


www.dictionnairedelazone.fr et www.cledut.net/xylo.htm Merci
Photo YLD